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LA MUSIQUE
Pacific 231
Arthur Honegger, passionné de chemins de fer composa en 1923 une œuvre pour orchestre en un seul mouvement inspiré par une puissante locomotive. L’œuvre évoque le trajet et le mouvement d’une énorme locomotive de train de marchandises, la "Pacific 231".
Imaginée et composée entre les villes de Paris, Winterthur et Zürich, l’œuvre dédiée à
Ernest
Ansermet a été
créée
le 8 mai 1924 à l’Opéra de Paris sous la direction de Serge Koussevitzky.
Cette miniature (6 à 7 min) déployant un vaste effectif orchestral (vents par trois ou quatre, batterie et cordes) a largement contribué à la popularité de son auteur, connu pour son désir de s'affranchir et soucieux de proposer une musique « droite, simple, de grande allure », à l'opposé des complications sérielles.
Le film PACIFIC 231 est un court métrage réalisé par Jean Mitry en 1949.
Il est illustré par la pièce symphonique composée en 1923 par Arthur Honegger,
Pacific 231.
Ce film de court-métrage (10 minutes) a obtenu le prix du meilleur montage au
festival de Cannes
en 1949.
L'adaptation du film est de
Jean Mitry
et Marc Ducouret, les images d'
André Périé
(cinéaste officiel de la
SNCF
), d'André Tadié et Jean Jarret, le son de Georges Leblond. La machine était conduite par l'équipage : Gilbert Parrage et Jean Grangier. Le parcours s'effectue sur la
ligne Paris-Lille
.
La locomotive PACIFIC 231
Pendant tout le 19ème siècle, les trains de voyageurs sont légers, les voitures ont des caisses en bois plutôt petites. La masse des trains ne dépasse pas 300 tonnes. Rappelons-nous que les premières voitures voyageurs étaient des diligences posées sur un châssis de chemin de fer.
En 1850, Napoléon III fixa la limite de vitesse à 120Kmh, mais très souvent des vitesses supérieures furent atteintes.
Comme aujourd’hui, le chemin de fer devait être rapide et sur.
Peu à peu, la sécurité et le confort conduisent les compagnies à adopter des voitures métalliques, plus lourdes et plus spacieuses pouvant peser près de 50 tonnes.
Pourquoi PACIFIC ?
Nées aux Etats-Unis, de puissantes locomotives à vapeur ont reçu les noms des océans.
Le nom PACIFIC a été donné par opposition à l’ATLANTIC et caractérise la disposition des roues de la locomotive.
L’ATLANTIC
disposait de 2 roues porteuses à l’avant, 2 roues motrices et une roue porteuse à l’arrière : 221.
Une locomotive, comme un cycliste, ne peut pédaler qu’à une vitesse déterminée, c'est-à-dire donner un nombre de coups de pistons maximal par minute : environ une centaine. Si l’on veut aller vite, on doit augmenter le diamètre des roues motrices, mais on perd de la force de traction.
Pour augmenter la puissance de la locomotive, il fallait produire plus de vapeur. Pour ce faire, l’allongement de la chaudière et l’agrandissement du foyer se sont imposés. Pour supporter ces modifications,
le châssis s’est trouvé allongé et les roues pour le supporter ont été augmentées pour ne pas surcharger la voie. La solution retenue pour la PACIFIC
a été de 2 roues porteuses à l’avant, 3 roues motrices et une roue porteuse à l’arrière d’où 231ou encore ooOOOo. Cette disposition donna entièrement satisfaction et des améliorations techniques ont augmenté ses performances et diminué la consommation
au fur
et à mesure des avancées technologiques.
Pour les express voyageurs, des roues d’environ 2 mètres de diamètres permettaient la célérité alors que pour des trains de marchandises plus lourds et lents ou des trains régionaux sur des lignes accidentées, le diamètre des roues motrices était d’environ 10cm inférieur pour plus de puissance.
La
Pacific 231 C est la dénomination SNCF d'une
locomotive à
vapeur de
vitesse qui a servi de 1923 à la fin de la vapeur vers 1968, sur le
réseau
Nord de la France et en Belgique. Elle pouvait parcourir de longues distances car elle était équipée d'un tender séparé de grande contenance qui emportait 37 mètres cubes d'
eau et environ 8 tonnes de charbon, soit le nécessaire pour couvrir par exemple la distance de
Paris à Lille à 120 Km/h avec un
train
de voyageurs de plus de 300 tonnes. La conception de ce tender, caractéristique du réseau Nord, était si irréprochable qu'il fut repris presque sans modification pour les locomotives étudiées pour la SNCF vingt ans plus tard.
Cette machine ne fut surpassée sur le réseau Nord que par la Pacific 231 E, (vedette du film) conçue par
André Chapelon par modification d'une série de locomotives du réseau de l'État. Cet
ingénieur de grand talent aimait à dire qu'il avait « nordifié » cette série de locomotives par une
recherche constante du plus haut rendement possible. En particulier, Chapelon avait contribué à un meilleur échappement des fumées par un modèle d'échappement (le
Kylchap
, dont le nom reprenait celui des deux ingénieurs qui l'ont créé, Kylälä et Chapelon) et par la diminution des pertes de charges dans les conduits de vapeur au moyen de plus grandes sections de passage.
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